Comment tirer avantage du storytelling au quotidien
Woman with pigtails drinking coffee in trendy cafe

Comment tirer avantage du storytelling au quotidien

Te souviens-tu la dernière fois où tu as mangé une KitKat? Ça fait probablement un bon bout de temps ou peut-être était-ce cette semaine?

Tu vis probablement une expérience semblable à la mienne lorsque tu te laisses tenter par une KitKat.

Tu es au dépanneur, en train d’attendre dans la file pour payer ton gaz et la seule chose que tu as à faire est de regarder autour de toi. Et tout ce que tu vois, c’est du chocolat et principalement, celui que tu préfères : la KitKat.

Tu n’en manges jamais! Tu ne te fais jamais avoir par les produits placés près des caisses.

Mais aujourd’hui, tu as vraiment le goût!

Tu te dis qu’une fois n’est pas coutume et tu pars avec ta KitKat.

Tu entres dans ta voiture, tu démarres et la seule chose à laquelle tu penses, c’est à la manger.

Tu arrives sur l’autoroute, ce qui te permet de quitter la route des yeux pendant quelques secondes.

Tu glisses ta main sur le siège passager et tu t’empares de la barre de chocolat.

Tu la déballes rapidement, tu casses délicatement la première gaufrette et tu prends une première bouchée que tu savoures longuement.

Mais quel moment magique!

Une fois avalée, tu commences à te dire que tu n’aurais pas dû acheter ça! C’est plein de sucre et tu ne pourras pas t’empêcher de toute la manger.

Tu retournes ta KitKat pour regarder la fiche nutritionnelle. Tu lis 230 calories, 8 grammes de lipides et 22 grammes de sucre et tu comprends que tu vas devoir aller au gym ce soir pour compenser.

Mais bon! Trop tard. Tu finis quand même par toute la manger en te disant que tu le mérites… Ce n’est pas dans tes habitudes et aujourd’hui c’est une exception!

Qui n’a jamais fait ça? Qui n’a jamais pris Une Pause Kit Kat?

N’est-ce pas une belle histoire avec soi-même? Celle de s’accorder un moment salvateur où on mange quelque chose qu’on ne devrait pas sans demander l’avis à personne?

À bien y penser, que ce soit une KitKat ou n’importe quel péché mignon que tu décides de savourer en catimini, l’histoire reste la même.

Et c’est cette histoire que KitKat te vend et non leur barre de chocolat!

Si tu prêtes attention a leur annonce, tu remarqueras que rares sont les fois où il parle du produit.

L’attention est plutôt porté sur le moment où tu le consommes.

À qui la faute? Le commerçant ou le consommateur?

En tant que consommateur, tu es prêt à payer pour ce que tu veux entendre. Le commerçant se doit donc de te parler en termes de bénéfices pour te vendre le rêve que tu achètes.

Tu ne veux pas qu’ils te disent que leur produit est bourré de sucre raffiné et de matières grasses, en plus d’être un excès en dehors des repas.

De toute façon, tu le sais déjà! Mais tu cèdes quand même une fois de temps en temps. Pourquoi?

Comment est-ce possible de se faire avoir si facilement par quelque chose d’aussi simple qu’une histoire?

Comment à ton tour, peux-tu utiliser le storytelling au quotidien pour créer l’effet désiré chez la personne souhaitée?

La science derrière les histoires

Es-tu déjà tombé en amour?

T’sais le sentiment intense d’amour passionné que tu ressens pour une cette personne?

Tout ce qu’elle dit est merveilleux, elle mange une pomme et tu n’as jamais vu quelqu’un d’aussi sexy manger une pomme!

Le temps passe et 13 mois plus tard, tu entends quelque chose dans la cuisine, tu te diriges vers elle et tu vois cette même personne, en train de manger une pomme et tu ne peux pas t’empêcher de lui demander « gentiment » de zapper moins fort!

Que s’est-il passé pendant ces 13 mois?

Comme on dit, la magie est partie.

En d’autres mots, ton cerveau flottait à cause du mélange magique de substances que ton corps sécrétait. Malheureusement, peu à peu, l’effet s’est estompé et tu ne vois plus cette personne de la même manière.

Trois hormones sont principalement responsables de ce « buzz » que tu vivais : la dopamine, l’ocytocine et l’endorphine.

David Phillips, expert en storytelling, appelle ce trio The Angels Cocktail.

On peut donc dire c’est une bonne combinaison!

À l’aide d’une histoire, il est possible de provoquer la libération de ces mêmes hormones et neurotransmetteurs.

Et c’est ce que je vais te démontrer à l’instant 😉.

Plus tôt, je t’ai raconté le scénario dans lequel tu étais dans la file d’attente pour payer ton gaz et la seule chose que tu avais à faire était de regarder autour de toi… Et blablabla.

Tu t’en souviens? J’espère, tu viens juste de le lire! (lol)

Je suis convaincue que tu t’es imaginé la scène.

Tu as surement pensé à un dépanneur que tu connais, tu as probablement vu la Kit Kat dans ta tête et tu n’as probablement pas pu t’empêcher de continuer à lire pour savoir ce qui allait se passer tout en l’anticipant!

Est-ce que je me trompe?

La cause de cette hausse de créativité, de motivation n’est nul autre que l’effet de la dopamine qui t’a permis d’être plus concentré, de créer une situation autour de l’histoire et de t’imaginer l’environnement pour mieux t’en souvenir!

Merveilleux non? Attends, tu n’as rien vu! il y a quelque chose d’encore mieux que la dopamine…

Tantôt, je t’ai dit qu’après 13 mois la magie s’était dissipée et que cette personne que tu admirais tellement est devenue plus fatigante qu’autre chose en mangeant sa pomme…

Eh bien… C’est une histoire vraie. En fait, c’est exactement ce qui m’est arrivé hier.

J’étais assise à l’ilot de la cuisine et je lisais un article sur mon laptop en mangeant une pomme.

C’est alors que j’ai entendu des pas de géants entrer dans la cuisine. Je me suis retourné et j’ai vu mon copain qui me dévisageait comme si je faisais quelque chose de mal!

D’un ton ferme, il m’a demandé si c’était possible d’avoir un peu de silence dans cette maison-là!

J’étais bouche bée. Je n’en revenais pas!

Je ne faisais que manger ma pomme tranquillement, sans déranger personne…

En ce moment, tu as sûrement de l’empathie pour moi. Tu prends ma défense et tu trouves ça injuste toi aussi!

Bref, tu es vraiment une bonne personne et la cause de cette bonté, de cette générosité et de cette vague de compassion est faite… (suspense) l’ocytocine.

De toutes les hormones, c’est la plus belle parce qu’elle te fait sentir plus humaine.

Pour compléter le cocktail qui fait planer, l’endorphine se joint à l’équipe.

Te rappelles-tu cette vidéo virale où la femme rie aux larmes en plein milieu de la cérémonie de son mariage? Le prête arrive à peine à poursuivre! Sinon voici le lien :

C’est ce qu’on appelle une overdose d’endorphine. Tu l’as sans doute deviné, c’est l’hormone qui fait rire! Grâce à elle, tu te sens plus détendu, plus créatif et plus concentrer.

Tirer profit du storytelling

Les histoires nous touchent, nous font rire et nous font réfléchir. Tout le monde les aime et elles sont un outil incroyable de communication!

Chaque jour, tu as l’opportunité de créer l’impact désiré en utilisant le storytelling.

Si tu veux que ton interlocuteur ait de l’empathie pour toi, racontes-lui une histoire qui te rend vulnérable.

Si tu veux le faire rire, raconte-lui la fois où ton chat a foncé dans la porte du patio en voyant un oiseau dehors.

Si tu veux qu’il t’écoute attentivement, crée du suspense et soit intéressant!

Dernièrement, j’ai passé une entrevue de présélection pour une job que je voulais vraiment. Je devais faire en sorte que cette parfaite inconnue m’apprécie et ait envie de m’engager.

Elle m’a posé une question que je ne m’étais jamais faite demander auparavant.

« Si j’appelais ton ancien employeur à l’usine où tu travaillais, qu’aurait-il à dire de négatif à ton sujet? »

Sur le coup, je me suis dit que c’était une question qui n’était pas du tout à mon avantage. Peu importe ma réponse, je devais dire quelque chose de négatif à mon sujet.

Après quelques secondes, j’ai compris comment tirer profit de cette question.

En fait, c’était une excellente occasion de lui raconter mon histoire et de connecter avec elle.

 « Je venais juste d’abandonner l’université. J’étais perdue et je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie.

En attendant, je me suis dit que la meilleure chose à faire était d’aller travailler et d’économiser jusqu’à ce que je sache vraiment ce qui me passionne.

Alors, j’ai décroché un emploi dans une usine. Je n’avais jamais été aussi bien payé de ma vie! C’était parfait pour les circonstances. Du moins, ça en avait l’air!

Plus les semaines avançaient, plus j’avais de la difficulté à me lever le matin pour me rendre au travail.

Le travail qui me paraissait facile et payant est rapidement devenu épuisant et déprimant.

Je passais 8 heures par jour à faire les mêmes tâches redondantes, sans parler à personne.

Je me rappelle à quel point je trouvais ça difficile. Je regardais l’heure à tous les 5 minutes et je me sentais complètement inutile. J’avais le sentiment de passer à côté de ma vie.

Entre temps, je me suis découvert une passion pour le graphisme et la photographie.

Je passais tout mon temps libre à apprendre par moi-même des logiciels comme Photoshop. Je tripais vraiment, j’avais enfin trouvé ce qui me passionnait.

J’ai envoyé ma candidature dans un programme de graphisme et j’ai été accepté.

Enfin! J’avais atteint mon objectif et je pouvais maintenant quitter cet emploi qui me rendait si malheureuse.

Lorsque j’ai donné ma démission, j’étais comme on dit pu capable! Mais mon boss a insisté pour que je lui donne 3 semaines de préavis pour l’accommoder.

J’ai accepté malgré le fait que je n’en avais vraiment pas envie.

Pendant ces trois semaines, mon ancien patron vous dirait probablement que je n’étais pas motivée et peu souriante.

Sauf à ma dernière journée!

Je me rappelle lui avoir remis mon uniforme et lui avoir serré la main en le remerciant avec mon plus grand sourire!

Lorsque j’ai traversé la porte pour la dernière fois, j’ai senti qu’à partir de ce moment-là, tout allait maintenant aller pour le mieux.

Et effectivement, c’est ce qui est arrivé.

Avec le recul, c’était vraiment une belle expérience! »

Avant cette question, elle ne me connaissait pas du tout. Mais après ma réponse, elle me regardait autrement, comme si elle comprenait parfaitement ce par quoi j’avais passé.

C’est d’ailleurs ce qu’elle m’a dit!

« Mon Dieu! Je te comprends tellement. Moi aussi, j’ai déjà travaillé dans une usine pendant une courte période et j’étais en train de devenir dépressive. Le contact humain me manquait terriblement! Quand j’ai enfin quitté cet emploi, je me suis senti revivre! Je te comprends tellement. »

Cette question qui me paraissait désavantageuse sur le coup s’est finalement révélée être l’occasion idéale pour moi, de lui montrer ma vulnérabilité et créer un lien émotionnel avec elle.

Je lui ai partagé mon histoire de façon complètement honnête et transparente.

Je ne considère pas que j’ai essayé de la manipuler. J’ai utilisé une histoire pour me sortir d’une question qui me dévalorisait à la base.

Sans cette histoire, le résultat n’aurait pas été concluant.

De plus, il faut tenir compte que c’était exactement le genre de réponse qu’elle souhaitait entendre.

Elle était consciente que je pouvais lui mentir et lui dire n’importe quoi pour me sortir de cette impasse et elle voulait être impressionnée.  Alors je lui ai donné de qu’elle demandait.

Quand tu veux quelque chose dans la vie, tu dois aller le chercher. Si tu attends que la job parfaite tombe du ciel sans que tu bouges le petit doigt, tu vas attendre longtemps.

Il ne faut pas hésiter à utiliser les outils qui nous aident à atteindre nos objectifs. Que ce soit pour vendre du chocolat, décrocher un emploi ou vendre un meuble antique sur Kijiji, l’histoire peut faire toute la différence.

Ce n’est pas pour rien que tu aimes autant ton meilleur ami après 3-4 bières, quand il commence à te raconter sa vie. En passant, c’est justement la seule qualité requise pour être amie avec Lysandre Nadeau, si ça te tente!

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